Un jeu de mémoire pour seniors gratuit : Essayez le jeu de Memorall et découvrez d’autres jeux

Un jeu de mémoire pour seniors gratuit : Essayez le jeu de Memorall et découvrez d’autres jeux

Le jeu de Memorall gratuit et efficace pour stimuler la memoire des seniors (et ce n’est pas un memory !)

Vous cherchez des jeux de mémoire pour seniors qui soient gratuits. Vous allez en trouver — mais commençons par l’essentiel : tous ne se valent pas, et le plus important n’est pas lequel vous choisissez, c’est comment vous en changez. Voici d’abord un jeu à essayer tout de suite, sans inscription ni téléchargement. Ensuite, le panorama complet : huit familles de jeux, ce que chacune muscle réellement dans votre cerveau, sept exercices sans écran, et un protocole d’atelier de 25 minutes pour les animateurs.

À retenir en 20 secondes Un bon jeu de mémoire monte en difficulté, ne peut pas s’apprendre par cœur, et vous oblige à chercher une méthode. Dix à quinze minutes, quatre à cinq fois par semaine, en changeant de jeu régulièrement. Et le levier le mieux démontré scientifiquement n’est pas un jeu : c’est la marche.


▶ Un jeu GRATUIT à essayer maintenant basé sur le test de Corsi

Voilà. Vous venez de stimuler votre mémoire de travail visuo-spatiale — celle qui vous sert à retrouver vos lunettes, à refaire un trajet, ou à vous souvenir de qui était assis où au repas de dimanche. Nous reviendrons plus bas sur ce que ce jeu travaille exactement, et surtout sur ce qu’il ne travaille pas.

Parce que si vous ne deviez retenir qu’une chose de cet article, ce serait celle-ci : jouer toujours au même jeu, c’est comme faire du vélo d’appartement en espérant devenir souple.

Si vous vous voulez avoir une version démo gratuite, envoyez-moi un mail ainsi qu’un commentaire sur ma page Google et je vous enverrai un site gratuit d’entraînement.


Tous les jeux de mémoire ne se valent pas (et ce n’est pas une question de difficulté)

Disons-le sans détour : télécharger une grille de sudoku et la refaire chaque matin pendant six mois ne fera pas grand-chose à votre mémoire. Vous deviendrez excellent en sudoku. C’est tout.

Les chercheurs appellent cela le transfert proche : le progrès reste collé à la tâche entraînée et refuse obstinément d’en sortir. Dans leur revue des programmes de stimulation destinés aux personnes âgées, Arnaud Boujut et Sylvie Belleville (Institut universitaire de gériatrie de Montréal) rappellent que la vraie question n’est pas « ce jeu fait-il progresser ? » — presque tous font progresser sur eux-mêmes — mais « ce progrès se transfère-t-il au quotidien, et tient-il dans le temps ? ».

Un jeu mérite votre temps s’il coche quatre cases :

1. Il monte en difficulté avec vous. Un jeu qui reste au même niveau cesse de solliciter quoi que ce soit au bout de trois séances. C’est le principe de la surcharge progressive, exactement comme en salle de sport — sauf qu’ici, ce sont des neurones.

2. On ne peut pas l’apprendre par cœur. Si vous mémorisez une fois pour toutes la configuration du plateau, vous n’entraînez plus votre mémoire de travail : vous consultez votre mémoire à long terme. C’est le défaut discret de beaucoup de jeux de memory à cartes fixes.

3. Il charge la mémoire de travail, pas seulement la reconnaissance. Reconnaître une image déjà vue est facile et repose sur un système peu touché par l’âge. Maintenir et manipuler une information pendant quelques secondes, c’est une autre affaire — et c’est précisément ce qui s’érode.

4. Il vous laisse une méthode à découvrir. Le progrès durable ne naît pas de la répétition mécanique, mais du moment où vous vous dites : « tiens, si je regroupe les trois premiers éléments en un seul dessin, je retiens mieux ». On y revient plus bas : c’est le point le plus important de tout l’article.

Bien. Assez de critères. Voyons ce qui existe réellement.


Le panorama : 8 types de jeux pour la mémoire des personnes âgées

« Jeu de mémoire », c’est un peu comme « plat du jour » : ça ne dit rien de ce qu’il y a dans l’assiette. Voici la carte, classée non pas par support mais par fonction cognitive sollicitée — c’est la seule classification utile.

Famille Exemples concrets Ce que ça muscle vraiment Verdict
1. Séquences spatiales Le jeu de cette page, Simon, jeux de trajets Mémoire de travail visuo-spatiale, empan ⭐ Très efficace, sous-utilisé
2. Memory & paires Jeux de memory classiques, cartes retournées Reconnaissance visuelle, liage image-position Bon, mais s’épuise vite
3. Jeux de mots Mots croisés, mots mêlés, anagrammes Mémoire sémantique, accès au lexique Agréable, faible charge en mémoire de travail
4. Listes & courses Retenir 10 objets, la liste du marché Boucle phonologique, stratégies d’association ⭐ Excellent, gratuit, sans matériel
5. Chiffres & logique Sudoku, suites numériques, calcul mental Raisonnement, attention soutenue Utile — mais ce n’est pas de la mémoire
6. Visages & prénoms Retenir les prénoms d’un groupe Liage nom-visage, mémoire associative ⭐ La plainte n°1, l’entraînement le plus rare
7. Catégorisation & fluence « Citez 20 fruits en 1 minute » Fonctions exécutives, flexibilité mentale ⭐ Très rentable, se joue partout
8. Double tâche Marcher en comptant à rebours, cuisiner en récitant Administrateur central, partage attentionnel Le plus difficile, le plus transférable

Quelques vérités qui dérangent :

Le sudoku est un excellent jeu. Ce n’est simplement pas un jeu de mémoire — c’est un jeu de logique. Personne ne vous demandera de vous en souvenir le lendemain.

Les mots croisés entraînent surtout votre capacité à retrouver un mot que vous connaissez déjà. C’est agréable, c’est bon pour le moral, et cela n’a presque aucun effet sur la mémoire de travail. Continuez-en pour le plaisir, pas pour l’entraînement.

Les familles 1, 4, 6 et 7 sont les plus rentables — et ce sont précisément les moins présentes dans les listes de jeux de mémoire pour personnes âgées gratuit qu’on trouve en ligne. Elles ont un défaut rédhibitoire du point de vue des éditeurs : elles ne se vendent pas bien en application.


Le test de Corsi : d’où il vient, et ce qu’il muscle

Puisque c’est celui qu’on peut vous mettre entre les mains dans la seconde, autant vous dire d’où il sort.

Une thèse de doctorat, pas un studio de jeux vidéo

En 1972, un doctorant nommé Philip Corsi travaille à l’Université McGill, à Montréal, dans le laboratoire de Brenda Milner — la neuropsychologue qui a étudié le célèbre patient H.M. et fondé une bonne part de ce que nous savons sur la mémoire humaine. Corsi cherche un équivalent non verbal à l’empan de chiffres : une tâche qui mesure la mémoire immédiate sans passer par les mots.

Sa solution est d’une simplicité désarmante : neuf cubes identiques vissés sur une planche, en désordre. L’examinateur en touche une séquence, le patient la reproduit, on allonge jusqu’à l’échec. Cinquante ans plus tard, ce dispositif est devenu l’un des outils les plus utilisés au monde pour évaluer la mémoire visuo-spatiale, standardisé et normé notamment par l’équipe de Roy Kessels.

Ce qu’il mesure : le « calepin visuo-spatial »

Dans le modèle de la mémoire de travail de Baddeley et Hitch, le calepin visuo-spatial est le sous-système qui retient les images et les positions : l’emplacement de vos clés, le trajet jusqu’à la boulangerie, la disposition des couverts. Il travaille en parallèle de la boucle phonologique, qui retient les sons et les mots.

Et voici une donnée que peu de gens connaissent : notre mémoire de l’espace est plus étroite que notre mémoire des mots. Là où la loi de Miller situe l’empan verbal autour de 7 ± 2 éléments, l’empan spatial tourne plutôt autour de 5. Ce n’est pas un défaut de fabrication : c’est l’architecture.

Si le modèle de Baddeley et Hitch vous intéresse en détail — administrateur central, boucle phonologique, buffer épisodique — nous l’avons développé dans notre article sur la mémoire de travail et son déclin avec l’âge.

Le détail contre-intuitif que personne ne mentionne

Kessels et ses collègues (2008) ont fait passer la version inversée de ce test — reproduire la séquence à l’envers — à 246 adultes de 50 à 92 ans. Résultat : l’envers n’est pas plus difficile que l’endroit.

C’est stupéfiant, parce que pour les chiffres, c’est exactement l’inverse : réciter une série à rebours est nettement plus dur. L’explication des auteurs est élégante. Inverser des chiffres oblige l’administrateur central — le chef d’orchestre attentionnel, celui qui décline le plus avec l’âge — à un vrai travail de manipulation. Inverser une séquence spatiale, non : il suffit de « relire » l’image mentale dans l’autre sens, sans quitter le calepin visuo-spatial.

Traduction pratique : ce jeu sollicite le stockage visuo-spatial de façon assez pure. Pour y ajouter de la charge exécutive — celle qui fatigue vraiment le cortex préfrontal — il faut changer la nature de l’information à retenir. C’est exactement le rôle des modes Chiffres, Lettres, Couleurs et Formes.

Ce que chaque type de jeu travaille et entraîne ton cerveau différemment

Mode Ce qui est réellement sollicité Bénéfice au quotidien
🎯 Classique Empan visuo-spatial pur Retrouver ses objets, mémoriser un trajet
🔢 Chiffres Recodage intermodal : ça entre en verbal, ça ressort en spatial Code d’immeuble, numéro de chambre
🔤 Lettres Idem + interférence phonologique entre lettres proches (B/D/G) Épeler un nom au téléphone, une référence
🎨 Couleurs Liage caractéristique-position : attacher une propriété à un lieu Se souvenir de qui était assis où
🔷 Formes Liage forme-position, discrimination visuelle fine Lire un panneau, se repérer sur un plan
👑 Pro Flexibilité cognitive : le mode change à chaque niveau Passer d’une tâche à l’autre sans perdre le fil

Deux détails de conception qui comptent. Les cubes changent de place à chaque niveau : impossible d’apprendre le plateau, il faut reconstruire à chaque fois — et c’est cette reconstruction qui constitue l’entraînement. Et le curseur de vitesse (×0,50 à ×3,00) agit sur la variable la plus sensible du vieillissement : la vitesse de traitement. Le régler sur ×2,00 quand on débute, ce n’est pas tricher, c’est retirer une contrainte parasite. On le resserre ensuite, semaine après semaine. C’est votre meilleur outil de progression.

Un jeu, pas un diagnostic

Précisons-le nettement, par honnêteté : notre version est un jeu inspiré du paradigme de Corsi, pas un test clinique. Le nombre de cubes évolue librement, les positions bougent, la vitesse se règle. Ces adaptations en font un bon outil d’entraînement et d’animation — et un très mauvais instrument de mesure.

Un score faible un mardi soir ne veut rien dire. Il peut signifier que vous êtes fatigué, distrait, ou simplement fâché avec les écrans. Seul un bilan neuropsychologique réalisé par un professionnel permet d’évaluer une mémoire. En cas d’inquiétude réelle, c’est le médecin traitant qu’il faut consulter, pas une page web.

Mais si vous voulez stimuler la mémoire et vous amusez, alors vous êtes au bon endroit !


Surtout : ne faites pas que ça et entraînez votre cerveau différemment

Nous vous avons donné un jeu. Nous allons maintenant vous demander de ne pas y jouer tous les jours.

Votre cerveau est un peu comme un vieil ami : il n’écoute vraiment que quand vous lui dites quelque chose de nouveau. Dès qu’une tâche devient familière, il l’automatise — c’est même sa plus belle qualité — et l’automatisme, c’est précisément l’inverse de l’entraînement.

Une semaine bien construite ressemble à ceci :

Jour Activité Durée Famille sollicitée
Lundi Le jeu de cette page, mode Classique ou Couleurs 12 min Séquences spatiales
Mardi Liste de courses mémorisée + marche 20 min Listes + double tâche
Mercredi Fluence : « 20 fruits, 20 métiers, 20 villes » à voix haute 8 min Catégorisation
Jeudi Le jeu, mode Chiffres ou Pro 12 min Recodage, flexibilité
Vendredi Prénoms : retenir 5 nouveaux visages (télé, voisinage) 10 min Liage nom-visage
Samedi Cahier d’exercices papier, en famille ou en groupe 25 min Varié + lien social
Dimanche Repos. Vraiment. Consolidation

Le dimanche n’est pas une plaisanterie. La consolidation mnésique se fait pendant le sommeil et les temps de pause — un cerveau qui ne se repose jamais n’archive rien.

Variez : faites des jeux simples, des jeux de société, des jeux de logique, des mots mêlés, des jeux de cartes, un jeu de lettres, etc


Les autres types de jeux pour entraîner ton cerveau et pour un atelier mémoire

Quelles sont les jeux mémoire qui sont efficaces et adaptés aux seniors ?

Levier 1 — Bouger. Avant de jouer.

Si vous ne deviez faire qu’une seule chose, ce serait celle-là. La revue de Cédric Albinet et de ses collègues sur les effets de l’exercice physique chronique chez les seniors est sans ambiguïté : l’activité physique régulière améliore les fonctions cognitives, et particulièrement les fonctions exécutives — c’est-à-dire l’administrateur central de la mémoire de travail.

Et puis il y a cette étude, qui mérite un encadré.

🧂 L’affaire du sel : quand deux habitudes anodines s’additionnent

Vous n’aviez pas prévu qu’un article sur les jeux de mémoire vous parle de salière. Nous non plus.

L’étude québécoise NuAge a suivi cinq ans durant 1 793 hommes et femmes de 67 à 84 ans, autonomes et sans atteinte cognitive au départ. Sur un sous-groupe de 1 262 participants, Alexandra Fiocco et ses collègues ont croisé consommation de sodium, niveau d’activité physique et évolution des fonctions cognitives.

Le résultat est déroutant. Une association hautement significative apparaît bien entre l’ingestion de sel et le déclin cognitif — mais uniquement chez les participants dont le niveau d’activité physique était faible. Dans ce groupe sédentaire, ceux qui consommaient le moins de sel avaient les meilleures performances. Chez les personnes actives, le lien s’évanouit.

Autrement dit : deux habitudes qui, prises séparément, ne montrent rien de spectaculaire, produisent ensemble un effet net. Comme le commentent les professeures Pierrette Gaudreau et Caroline Ménard (Université de Montréal), ces travaux démontrent « l’importance de considérer un ensemble d’habitudes de vie ». Les auteurs soulignent que ces résultats restent préliminaires, et que les déclins observés demeuraient dans les limites de la normale pour l’âge.

La leçon pratique tient en une phrase : marchez trente minutes avant votre séance de jeu, pas après. Vous jouerez mieux, et vous aurez entraîné deux choses au lieu d’une.

Levier 2 — Charger la mémoire de travail, avec une difficulté qui suit

C’est le rôle du jeu. Deux règles, une seule ligne chacune :

  • Vous devez échouer régulièrement. Si vous terminez toutes vos parties, montez la vitesse ou changez de mode. Le bon réglage est celui où vous perdez vos trois vies entre le niveau 6 et le niveau 9.
  • Alternez. Voir le planning ci-dessus.

Levier 3 — Chercher la méthode, pas le score

C’est le levier le plus sous-estimé et probablement le plus puissant. Les programmes d’entraînement cérébraux qui produisent un transfert vers la vie réelle sont ceux qui enseignent explicitement des stratégies, pas ceux qui font répéter une tâche.

Trois méthodes qui fonctionnent dès la prochaine partie :

  1. Le tracé. Ne mémorisez pas quatre positions isolées : mémorisez le dessin qu’elles forment. Un Z, un triangle, un escalier. Vous passez de 4 unités à 1.
  2. La verbalisation. Dites-vous mentalement « haut-gauche, centre, bas-droite ». Vous doublez le codage : le calepin visuo-spatial et la boucle phonologique travaillent ensemble. C’est l’une des raisons pour lesquelles les champions de mémorisation retiennent autant.
  3. L’histoire absurde. En mode Couleurs ou Formes, reliez les éléments par une micro-scène : « l’étoile rouge tombe sur le cœur bleu qui explose en éclair ». Le ridicule ancre. Toutes les techniques de compétition reposent là-dessus.

Après chaque partie, une seule question : « qu’est-ce que j’ai fait, cette fois, qui a marché ? » Elle vaut plus que dix parties de plus.

Levier 4 — Retirer ce qui est réversible

Bonne nouvelle : une partie de ce que vous appelez « ma mémoire qui flanche » n’est pas votre mémoire.

Dans Gériatrie et Psychologie Neuropsychiatrie du Vieillissement, Lucas Rotolo, Laurence Picard, Marie Mazerolle, Sven Joubert et François Maquestiaux consacrent une revue entière à ce qu’ils nomment « la part réversible des déficits cognitifs chez les seniors ». Leur thèse : une fraction des écarts de performance entre jeunes adultes et seniors n’est pas d’origine structurelle. Elle tient à des facteurs modifiables. Trois sont particulièrement documentés :

  • La menace du stéréotype. Quand on annonce à une personne âgée qu’elle va passer un « test de mémoire », sa performance baisse — non pas parce que sa mémoire est défaillante, mais parce que l’anxiété d’incarner le cliché du vieillard oublieux accapare des ressources attentionnelles. Les travaux de Marie Mazerolle montrent qu’en réduisant cette menace, on réduit une part de l’écart lié à l’âge.
  • Le manque de soutien environnemental. Fergus Craik l’a établi dès les années 1980 : les seniors sont désavantagés dans les tâches exigeant une initiative cérébrale spontanée, mais l’écart se resserre nettement dès que l’environnement fournit des indices et une structure.
  • L’absence de stratégie spontanée. Beaucoup de personnes âgées ont les capacités, mais n’appliquent pas spontanément de méthode. Ce n’est pas un déficit de mémoire, c’est un déficit d’usage. Et ça, ça s’enseigne.

Ajoutez-y les causes réversibles classiques, trop rarement vérifiées : sommeil insuffisant, dépression non traitée, hypothyroïdie, carence en vitamine B12, effets secondaires médicamenteux — et surtout perte auditive non corrigée. Une personne qui n’entend qu’un mot sur trois n’a pas un problème de mémoire : elle a un problème d’entrée. L’appareillage auditif fait souvent davantage pour la « mémoire » que n’importe quel jeu.

Levier 5 — Le plaisir, et quelqu’un en face

Un jeu abandonné au bout de six jours n’entraîne rien du tout. La régularité prime sur l’intensité, et rien ne fabrique de la régularité comme le fait de jouer à deux. C’est pourquoi notre jeu permet de créer plusieurs profils sur un même appareil : pour que la partie devienne un rendez-vous — entre conjoints, entre voisins, ou avec un petit-enfant qui découvrira avec effroi qu’il perd.


7 types de jeux mémoire pour seniors à faire aujourd’hui, sans écran ni matériel

Ces exercices mémoire senior complètent le jeu et couvrent les familles qu’aucun écran ne travaille bien. Aucun mot croisé dans la liste, c’est promis.

# Exercice Ce qu’il sollicite Durée
1 Le trajet du matin. Le soir, refaites mentalement votre parcours en énumérant 10 détails précis : couleur d’une porte, ordre des vitrines. Mémoire épisodique + calepin visuo-spatial 5 min
2 La pièce à l’envers. Observez une pièce 30 secondes, sortez, listez les objets du plus à droite au plus à gauche. Empan visuo-spatial inversé 4 min
3 Les courses en cinq lieux. Accrochez 5 articles à 5 endroits de votre logement, avec une image absurde à chacun. Récitez la liste 3 heures plus tard. Méthode des lieux, encodage imagé 6 min
4 Le rappel du journal. Après le JT, résumez à voix haute trois sujets en deux phrases chacun, sans revoir. Récupération active, synthèse 5 min
5 Le prénom ancré. À chaque rencontre, fabriquez une association entre le prénom et un trait visible du visage. Répétez le prénom deux fois dans la conversation. Liage nom-visage Au fil de l’eau
6 La marche-mémoire. Pendant votre marche, mémorisez 6 plaques d’immatriculation croisées ; restituez-les au retour. Double tâche + activité physique 30 min
7 La fluence chronométrée. Une minute, une catégorie : 20 fruits. Puis 20 métiers. Puis 20 villes françaises. Fonctions exécutives, flexibilité 3 min

Dosage : deux ou trois de ces exercices par jour, plus 10 à 15 minutes de jeu, 4 à 5 jours par semaine. Douze minutes cinq fois valent mieux qu’une heure le dimanche.


Animer un atelier mémoire seniors : le protocole en 25 minutes

Cette section s’adresse aux animateurs de résidences, EHPAD, CCAS, centres sociaux, clubs et associations. Le jeu de cette page a été pensé pour cet usage : profils multiples, vitesse réglable en cours de partie, fonctionnement hors connexion — un détail qui a son importance là où le wifi est capricieux.

Matériel : un ordinateur portable relié à un vidéoprojecteur ou un téléviseur, ou une tablette par binôme.

Temps Séquence Réglage Objectif
0–3 min Échauffement oral collectif : chacun ajoute un mot à une liste et répète les précédents Mise en route, dédramatisation
3–7 min Repère individuel, mode Classique, une partie chacun Vitesse ×1,80 Point de départ, noté dans « Ma progression »
7–14 min Binômes : mode Chiffres puis Couleurs. Un joue, l’autre observe et note la stratégie employée Vitesse ×1,50 Recodage + observation mutuelle
14–18 min Le défi du groupe, sans écran : séquence collective, chacun ajoute une position et le suivant répète tout Cohésion, empan collectif
18–22 min Mode libre : Pro pour les plus à l’aise, Classique pour les autres Individualisé Différenciation sans stigmatisation
22–25 min Débrief : « Qu’avez-vous fait pour retenir ? » Chacun donne sa méthode Le moment le plus utile de la séance

Les cinq règles d’or de l’animateur :

  1. Ne dites jamais « test ». Dites « jeu », « défi », « partie ». Ce n’est pas de la délicatesse, c’est de la méthode : la menace du stéréotype est un effet mesuré.
  2. Réglez la vitesse haut. Très haut. ×2,00 n’a rien d’humiliant. Un participant qui réussit revient la semaine suivante ; un participant humilié ne revient pas.
  3. Ne comparez jamais deux participants à voix haute. L’onglet « Ma progression » sert à comparer chacun à lui-même.
  4. Faites verbaliser les stratégies. C’est ce qui transforme un divertissement en entraînement transférable.
  5. Terminez toujours sur une réussite. Baissez la difficulté à la dernière partie : une séance se souvient de sa fin.

Pensez à stimuler l’ensemble des mémoires (corporelle et kinesthésique, stimuler la mémoire procédurale, faites un jeu des souvenirs ou un jeu des prénoms,…)

Vous voulez savoir comment faire ou vous préférez un atelier animé par un professionnel ? Memorall intervient en résidences, EHPAD, mairies et associations : découvrez nos ateliers mémoire seniors.


Les jeux de mémoire pour seniors à imprimer ou en PDF : où en trouver

Beaucoup de personnes cherchent des jeux de mémoire pour seniors gratuit en PDF ou à imprimer plutôt qu’en ligne, et souvent pour d’excellentes raisons.

Le papier garde quatre avantages réels sur l’écran :

  • Aucune barrière technique : ni tablette, ni wifi, ni caractères minuscules, ni double-clic à maîtriser.
  • Le geste : écrire, entourer, relier mobilise la motricité fine et renforce l’encodage. La trace mnésique de l’écriture manuscrite est plus solide que celle de la frappe.
  • Le collectif : une feuille se partage, se pose au milieu de la table, se commente. Un écran s’accapare.
  • Le confort visuel : pour des personnes très âgées ou malvoyantes, vingt minutes d’écran peuvent être éprouvantes.

Où trouver du gratuit, honnêtement. France Alzheimer met à disposition un cahier de jeux téléchargeable librement, et plusieurs CCAS et fédérations d’aide à domicile proposent des fiches en accès libre. Ce sont d’excellents points de départ, et nous vous encourageons à commencer par là.

Leur limite, tout aussi honnêtement : ce sont des recueils, pas des programmes. Les exercices ne s’ordonnent pas selon une progression, ne ciblent pas explicitement telle ou telle fonction cérébrale, et n’offrent aucune consigne d’animation. Pour un usage individuel occasionnel, c’est parfait. Pour un atelier hebdomadaire de quinze personnes sur un trimestre, on tourne vite en rond.

C’est précisément pour combler ce vide que nous éditons nos cahiers de jeux de mémoire. Autant l’annoncer clairement : ils sont payants. Ce sont des ouvrages conçus et testés en atelier, structurés par fonction cognitive et par niveau de difficulté croissante, avec des consignes d’animation pour chaque exercice. Si vous animez régulièrement en structure, ils vous feront gagner des dizaines d’heures de préparation. Si vous cherchez simplement à occuper un dimanche pluvieux, le cahier de France Alzheimer fera très bien l’affaire — et nous préférons vous le dire.

La bonne pratique reste la combinaison : un jeu en ligne adaptatif pour la charge en mémoire de travail et le suivi de progression, du papier pour le travail de groupe, le langage et le geste.


Les autres jeux Memorall gratuits pour stimuler les capacités cognitives

Le jeu de cette page n’est qu’une pièce du dispositif. La plateforme app.memorall.fr rassemble nos jeux de mémoire en ligne gratuits, chacun ciblant une famille différente de celles du tableau plus haut :

  • des exercices de mémorisation de listes — boucle phonologique et stratégies d’association ;
  • des jeux d’attention et de vitesse de traitement, la variable clé du vieillissement cognitif ;
  • des exercices de mémoire des visages et des prénoms, la plainte n°1 des seniors comme des actifs ;
  • des défis de mémoire des nombres, directement issus des techniques de compétition.

De nouveaux jeux sortent régulièrement, et cette page est mise à jour à chaque sortie. Le plus simple pour ne rien manquer : ajoutez-la à vos favoris — Ctrl + D sur PC, Cmd + D sur Mac, ou l’icône ☆ de votre navigateur. Les prochains modules porteront sur la mémoire de travail auditive et la mémoire des trajets.

Ces jeux sont conçus par Florian Manicardi, Champion de France de mémorisation 2020, et éprouvés dans les ateliers Memorall suivis par plus de 5 000 personnes, en entreprise, en établissement scolaire et en résidence senior. Nous avons par ailleurs recensé d’autres ressources d’entraînement disponibles en ligne, y compris chez nos confrères.


Le résumé des choses pour développer vos compétences de mémoire

  1. Bougez d’abord. L’activité physique est le levier le mieux démontré — et l’étude NuAge suggère qu’elle protège même contre d’autres facteurs de risque.
  2. Jouez ensuite, 10 à 15 minutes, 4 à 5 fois par semaine, avec une difficulté qui vous met en échec de temps en temps.
  3. Changez de jeu. Un jeu unique, aussi bon soit-il, devient un automatisme — et un automatisme n’entraîne plus rien.
  4. Cherchez la méthode plutôt que le score. C’est elle qui se transfère à la vie réelle.
  5. Traitez le réversible : sommeil, audition, humeur, médicaments — et le vocabulaire que vous employez pour parler de votre propre mémoire.
  6. Jouez à plusieurs. La régularité est une affaire de plaisir, pas de volonté.

Le cerveau reste plastique à tout âge. Ce n’est pas une formule d’encouragement : c’est un fait de neurobiologie. La question n’est donc pas de savoir si votre mémoire peut encore progresser — elle le peut — mais si vous allez lui en donner l’occasion cette semaine.

↑ Remonter au jeu et lancer une partie


FAQ — Jeux de mémoire pour seniors gratuit

Quels sont les meilleurs jeux de mémoire pour seniors gratuit ?

Les meilleurs jeux de mémoire pour seniors gratuit sont ceux dont la difficulté monte automatiquement, qu’on ne peut pas apprendre par cœur, et qui sollicitent la mémoire de travail plutôt que la simple reconnaissance. Les familles les plus rentables sont les jeux de séquences spatiales, la mémorisation de listes, les exercices de prénoms-visages et les jeux de fluence catégorielle. Le point décisif n’est cependant pas le choix du jeu, mais le fait d’en changer régulièrement.

Faut-il jouer toujours au même jeu de mémoire ?

Non, et c’est probablement l’erreur la plus répandue. Dès qu’une tâche devient familière, le cerveau l’automatise et cesse de progresser : les gains restent alors cantonnés au jeu lui-même. Alternez au minimum trois familles de jeux différentes dans la semaine, et incluez au moins un exercice sans écran.

Combien de temps faut-il jouer par jour ?

Dix à quinze minutes, quatre à cinq fois par semaine, valent mieux qu’une longue session hebdomadaire. La régularité compte davantage que la durée. Au-delà de vingt minutes d’affilée, la fatigue attentionnelle fait chuter le bénéfice.

Le jeu de cette page est-il vraiment gratuit et sans inscription ?

Oui. Aucun compte, aucune adresse e-mail, aucun paiement, aucune publicité. Les profils de joueurs et les scores sont enregistrés localement sur votre appareil et ne sont transmis à personne. Le jeu fonctionne également hors connexion une fois la page chargée.

Les mots croisés et le sudoku entraînent-ils la mémoire ?

Pas vraiment. Les mots croisés sollicitent surtout l’accès au lexique — retrouver un mot que l’on connaît déjà — et le sudoku relève de la logique, non de la mémoire. Ce sont d’excellents loisirs, bons pour le moral et l’attention, mais leur charge en mémoire de travail est faible. Gardez-les pour le plaisir et complétez-les par des exercices de séquences ou de listes.

Un mauvais score signifie-t-il un début de maladie ?

Non. Ce jeu n’est pas un outil diagnostique : le nombre d’éléments, leurs positions et la vitesse y sont librement adaptés, ce qui le rend incomparable à des normes cliniques. La fatigue, le stress, l’éclairage ou un simple inconfort avec les écrans suffisent à faire chuter un score. Seul un bilan neuropsychologique réalisé par un professionnel permet d’évaluer une mémoire. En cas d’inquiétude persistante, parlez-en à votre médecin traitant.

Ces jeux conviennent-ils à une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer ?

Pour un trouble neurocognitif léger, le jeu peut être utilisé en réglant la vitesse d’affichage au maximum et en restant sur le mode le plus simple, à condition que l’expérience demeure plaisante et sans mise en échec. À un stade modéré ou sévère, les activités de réminiscence, sensorielles ou musicales sont généralement plus adaptées. Dans tous les cas, l’avis de l’équipe soignante prime.

Existe-t-il des jeux pour seniors gratuit à imprimer ou en PDF ?

Oui. France Alzheimer propose notamment un cahier de jeux téléchargeable librement, et plusieurs CCAS diffusent des fiches en accès libre. Ces recueils sont d’excellents points de départ pour un usage occasionnel. Ils ne constituent en revanche pas des programmes progressifs : pour animer un atelier régulier, des supports structurés par capacité cognitive et par niveau — comme les cahiers Memorall, qui sont payants — font gagner un temps considérable.

Le jeu fonctionne-t-il sur tablette et sans connexion internet ?

Oui. Il s’adapte aux écrans d’ordinateur, de tablette et de smartphone, et fonctionne intégralement hors connexion une fois la page chargée — un point important en établissement. Les animations d’arrière-plan se désactivent automatiquement si l’appareil est réglé sur « mouvement réduit ».

Quelle est la différence entre mémoire à court terme et mémoire de travail ?

La mémoire à court terme stocke passivement une information quelques secondes. La mémoire de travail la stocke et la manipule : trier, inverser, comparer, mettre à jour. C’est cette seconde fonction, portée notamment par le cortex préfrontal, qui est la plus sensible au vieillissement — et celle que les jeux de séquences sollicitent le plus directement.

Comment adapter ces jeux à un groupe en EHPAD ou en centre social ?

Réglez la vitesse d’affichage sur ×1,80 ou ×2,00 dès le départ, créez un profil nommé par participant pour suivre les progrès individuellement, ne comparez jamais deux personnes à voix haute, employez le mot « jeu » et jamais le mot « test », et consacrez les trois dernières minutes à faire verbaliser les stratégies. Un protocole complet de 25 minutes est détaillé plus haut dans cet article.


Sources scientifiques

  1. Rotolo L., Picard L., Mazerolle M., Joubert S., Magnin É., Haffen E., Maquestiaux F. (2024). La part réversible des déficits cognitifs chez les seniors. Gériatrie et Psychologie Neuropsychiatrie du Vieillissement, 22(1), 76-84. DOI : 10.1684/pnv.2024.1144
  2. Boujut A., Belleville S. (2019). Où en est-on avec les programmes d’interventions cognitives pour les personnes âgées ? Revue de neuropsychologie, 11(1), 60-69. DOI : 10.1684/nrp.2019.0488
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Article rédigé par Florian Manicardi, Champion de France de mémorisation 2020, fondateur de Memorall.

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