Par Florian Manicardi, champion de France de mémorisation 2020, fondateur de Memorall. Mis à jour le 13 septembre 2026.
Si vous cherchez un atelier mémoire avec des exercices gratuits en PDF, vous avez déjà dû tomber sur des dizaines de fiches à imprimer : anagrammes, mots mêlés, intrus, sudokus. Nous en produisons nous aussi, et nous vous proposons aussi de les télécharger gratuitement.
Mais commençons par une phrase que vous ne lirez nulle part ailleurs sur cette requête : la grande majorité de ces fiches ne font pas travailler la mémoire.
Elles font travailler le vocabulaire, l’attention visuelle et la logique — ce qui est utile, agréable, et parfaitement respectable. Mais chercher le mot « poire » caché dans une grille de lettres ne sollicite quasiment aucun mécanisme de mémorisation. C’est une tâche de balayage visuel.
Cet article est écrit pour les personnes qui veulent la version sérieuse : des exercices d’atelier mémoire gratuits en PDF qui ciblent réellement les systèmes de mémoire, trois séances minutées prêtes à animer, ce que la recherche autorise à promettre — et ce qu’elle interdit de promettre. Il s’adresse autant aux seniors qui veulent entretenir leur mémoire chez eux qu’aux animateurs, aidants, responsables de résidence, de CCAS, de club senior ou d’association qui doivent faire tourner une séance la semaine prochaine.
En bref. Un atelier mémoire ne guérit rien et malheureusement c’est aussi le cas pour la maladie d’Alzheimer — aucune donnée solide ne le montre. En revanche, la synthèse Cochrane la plus récente sur la stimulation cognitive en groupe (37 essais randomisés, 2 766 participants) établit un bénéfice sur la cognition globale, et surtout un bénéfice de qualité de preuve élevée sur la communication et l’interaction sociale. Autrement dit : le meilleur argument scientifique en faveur des ateliers mémoire n’est pas uniquement cognitif, il est aussi relationnel. C’est une raison de mieux les animer, pas une raison d’y renoncer.
Le cahier d’exercices Memorall est gratuit.
12 exercices d’atelier cérébral en PDF, prêts à imprimer, avec les corrigés, les durées et la mémoire ciblée par chaque exercice et on vous propose aussi un jeu HTML à télécharger gratuitement !
Demander le PDF via le formulaire de contact
Écrivez-nous simplement, c’est gratuit, ça ne coûte rien et on vous l’offre,…. euh attendez
Ce qu’un atelier mémoire renforce vraiment (et ce qu’il ne fait pas)
Commençons par le plus inconfortable, parce que c’est là que se joue la crédibilité de tout le reste.
L’essai de référence du domaine s’appelle ACTIVE. Il a réparti au hasard 2 832 personnes de 65 à 94 ans vivant à domicile entre trois entraînements (mémoire, raisonnement, vitesse de traitement) et un groupe témoin, à raison de dix séances d’une heure sur cinq à six semaines, en petits groupes de trois ou quatre (Ball et al., JAMA, 2002). Résultat : chaque entraînement a amélioré la capacité qu’il visait, et elle seule. Et le bras « mémoire » — celui qui ressemble le plus à un atelier classique — est de loin le plus faible : 26 % de participants avec une amélioration fiable, contre 87 % pour la vitesse de traitement. Dix ans plus tard, les effets sur la performance mnésique n’étaient plus maintenus (Rebok et al., JAGS, 2014).
C’est le problème du transfert, et c’est la notion la plus importante de cet article. Les chercheurs distinguent le transfert proche — je m’entraîne à retenir des listes de mots, je retiens mieux d’autres listes de mots — et le transfert lointain — je m’entraîne à retenir des listes de mots, et je retiens mieux où j’ai posé mes lunettes. La revue indépendante la plus autorisée sur le sujet le résume sans détour : les preuves sont solides pour la tâche entraînée, plus minces pour les tâches proches, et très faibles pour tout le reste (Simons et al., Psychological Science in the Public Interest, 2016). La méta-analyse de référence sur l’entraînement de la mémoire de travail chiffre le transfert proche autour de g = 0,30, et le transfert lointain autour de g = 0,05, c’est-à-dire rien (Melby-Lervåg, Redick & Hulme, 2016).
Il faut donc renoncer à une métaphore très répandue : la mémoire n’est pas un muscle. Elle ressemble beaucoup plus à une boîte à outils. Affûter le tournevis n’affûte pas la scie. Un atelier mémoire qui ne travaille qu’une seule chose n’améliore qu’une seule chose.
C’est pour ça que chez Memorall, on veut aussi donner des techniques de mémoire et pas uniquement des jeux.
Et pourtant les ateliers ont un intérêt démontré. La revue Cochrane sur la stimulation cognitive (Woods et al., 2023 — 37 essais randomisés, 2 766 participants, âge médian 79,7 ans) rapporte un effet modéré sur la cognition globale (SMD 0,40, soit environ deux points de MMSE), un effet sur la qualité de vie perçue (SMD 0,25), et surtout — c’est le seul résultat de toute la revue classé en qualité de preuve élevée — un effet sur la communication et l’interaction sociale (SMD 0,53). Une étude française menée sur 48 personnes de plus de 60 ans, à raison d’une heure par semaine pendant huit semaines, a de son côté observé des gains sur l’empan mnésique, sur l’inhibition et sur l’estime de soi (Grimaud, Clarys, Vanneste & Taconnat, Psychologie Française, 66(2)).
Sachant par ailleurs que l’isolement social figure parmi les facteurs de risque modifiables de démence retenus par la Commission du Lancet (Livingston et al., 2024), un atelier mémoire bien mené agit sur deux leviers réels : il entraîne certaines fonctions, et il rompt l’isolement. Ce qu’il ne fait pas, en revanche, c’est prévenir la maladie d’Alzheimer : chez les personnes ayant un trouble cognitif léger, la revue Cochrane dédiée conclut que les données sont insuffisantes pour en tirer la moindre implication clinique (Gates et al., 2019).
Ce qu’on peut annoncer honnêtement à un groupe. « Nous allons entraîner des capacités précises, vous allez progresser sur ce que nous entraînons, vous allez repartir avec des méthodes utilisables, et vous allez passer un bon moment ensemble. » Ce qu’on ne doit jamais annoncer : « ça protège du déclin » ou « ça fait travailler toute votre mémoire ».
Pourquoi la plupart des exercices cognitifs ne font pas travailler la mémoire
Reprenons les fiches les plus diffusées sur internet et demandons-nous, exercice par exercice, ce qu’elles sollicitent réellement.
| Exercice classique | Ce qu’il fait travailler en réalité | Mémoire réellement sollicitée |
|---|---|---|
| Mots mêlés, mots cachés | Balayage visuel, attention sélective | Quasiment aucune |
| Mots croisés | Logique, langage et concentration | Mémoire lexicale |
| Anagrammes, lettres en vrac | Manipulation lexicale, flexibilité | Mémoire de travail (légèrement) |
| Synonymes, contraires, intrus | Accès au lexique, catégorisation | Mémoire sémantique (récupération) |
| Sudoku, suites logiques | Raisonnement, planification | Mémoire de travail (maintien de contraintes) |
| Proverbes à compléter | Récupération de connaissances anciennes | Mémoire sémantique |
| Liste de 15 mots à rappeler après 20 minutes | Encodage, stockage, récupération | Mémoire épisodique — le cœur du sujet |
| Empan de chiffres à l’endroit puis à l’envers | Maintien puis manipulation | Mémoire de travail — administrateur central |
| Apprentissage de paires visage-prénom | Association arbitraire, indiçage | Mémoire épisodique associative |
Les cinq premières lignes constituent 90 % des fiches « atelier mémoire » disponibles gratuitement. Les trois dernières, celles qui font réellement travailler la mémoire, sont presque introuvables. C’est un angle mort du marché, et c’est précisément là que nous avons construit nos exercices.
Attention : OUI, ces jeux peuvent être très sympathiques et stimulants, nous ne voulons pas contrarier nos amis cruciverbiste mais au bout d’un moment vous attendrez un plafond de verre qu’il sera difficile et probablement peu stimulant à briser.
C’est la variété qui fait stimuler la mémoire.
Les cinq mémoires que l’on peut entraîner en atelier pour les seniors
Parler de « la mémoire » au singulier est la première erreur. Depuis les travaux d’Endel Tulving (1985), on distingue plusieurs systèmes qui ne vieillissent pas du tout au même rythme. Le savoir change complètement la façon de construire une séance — et de rassurer un participant inquiet.
| Système | Ce qu’il fait | Effet du vieillissement normal | Exercice qui l’entraîne |
|---|---|---|---|
| Mémoire de travail | Maintenir et manipuler une information pendant quelques secondes | Sensible, surtout sur la manipulation | Empan envers, double tâche, Puissance Mémoire |
| Mémoire épisodique | Les événements vécus, datés et situés | Le système le plus touché | Rappel de liste différé, visages-prénoms |
| Mémoire sémantique | Les connaissances générales, le vocabulaire | Très bien préservée, voire enrichie | Fluence verbale, quiz, définitions |
| Mémoire procédurale | Les savoir-faire automatisés | Largement préservée | Gestes, rythmes, parcours moteurs |
| Mémoire prospective | Penser à faire quelque chose plus tard | Sensible en laboratoire, compensée au quotidien | Consigne différée dans la séance |
Ce tableau contient un message thérapeutique en soi. Quand une personne de 78 ans a le mot « escarpolette » sur le bout de la langue, sa mémoire sémantique n’a rien perdu : son stock est intact, c’est l’accès qui est ralenti. Le lui dire change son rapport à l’exercice — et ce n’est pas anodin, puisqu’on sait que rendre saillants les stéréotypes négatifs sur le vieillissement dégrade mesurablement la performance mnésique des personnes âgées (Hess et al., Journals of Gerontology, 2003). La manière dont vous présentez votre atelier modifie les résultats de votre atelier. Ce n’est pas de la bienveillance décorative, c’est un effet expérimental.
Zoom sur la mémoire de travail, la grande oubliée des ateliers mémoire
C’est la mémoire dont on parle le moins et dont on aurait le plus besoin. Elle sert à retenir un numéro de téléphone le temps de le composer, à suivre une conversation à quatre, à faire une addition de tête, à retenir la consigne pendant qu’on cherche la réponse.
Le modèle de référence est celui d’Alan Baddeley et Graham Hitch (1974), complété en 2000. Il décrit quatre composants :
- la boucle phonologique — la voix intérieure qui répète le numéro qu’on vient d’entendre ;
- le calepin visuo-spatial — le plan mental qu’on se fait du trajet ;
- l’administrateur central — le chef d’orchestre qui répartit l’attention entre les deux ;
- le buffer épisodique — la table de montage qui assemble le tout en une scène cohérente.
Deux précisions qui changent la conception d’un exercice. D’abord, la fameuse capacité de « sept éléments » de George Miller (1956) a été sérieusement révisée : quand on empêche le regroupement et la répétition, la capacité réelle tourne plutôt autour de quatre unités d’information (Cowan, 2001). Un exercice qui demande d’en retenir neuf d’un coup ne muscle rien, il met en échec.
Ensuite, et c’est le point décisif : une méta-analyse sur l’empan verbal montre que l’empan de mémoire de travail, qui exige de manipuler l’information, est nettement plus sensible à l’âge que l’empan de mémoire à court terme, qui demande seulement de la maintenir (Bopp & Verhaeghen, Journals of Gerontology, 2005). Concrètement : répéter 7-2-9-4 dans l’ordre résiste plutôt bien au vieillissement ; le répéter à l’envers résiste beaucoup moins. Ce n’est pas « la mémoire » qui baisse, c’est le travail effectué sur le contenu de la mémoire.
Conséquence pratique pour tout animateur : si vous voulez faire travailler la mémoire de travail, ne demandez pas d’en retenir plus. Demandez d’en faire quelque chose. Retenir quatre prénoms, c’est du stockage. Les restituer par ordre alphabétique, c’est de la mémoire de travail.
Nous avons consacré un article entier à ce sujet : Mémoire de travail : pourquoi elle décline avec l’âge et comment la stimuler efficacement.
Puissance Mémoire : le jeu que nous avons conçu pour la mémoire à court terme et les troubles de la mémoire

Puissance Mémoire est le jeu que nous sortons quand un groupe nous dit « moi de toute façon, je n’ai aucune mémoire ». Le principe tient en une phrase : une information apparaît quelques secondes, elle disparaît, et il faut la restituer — puis on recommence avec une information de plus. La difficulté monte par paliers, chacun s’arrête à son plafond, et personne n’échoue vraiment, parce que l’objectif n’est pas d’avoir juste : c’est de savoir où se situe son plafond, et de le voir bouger de séance en séance.
La version présentée dans la vidéo ci-dessous est la déclinaison visages et prénoms. C’est, de très loin, l’exercice le plus utile socialement : « je ne retiens plus les prénoms » est la plainte n°1 que nous entendons en résidence, et c’est aussi celle qui isole le plus, parce qu’elle empêche d’aller vers les autres. L’exercice associe un visage à un prénom, puis rappelle le prénom seul, puis le visage seul, puis mélange l’ordre — et à chaque palier, on ajoute une personne. C’est de la mémoire épisodique associative doublée de mémoire de travail, dans un format que tout le monde comprend en dix secondes.
Pourquoi ce format fonctionne, du point de vue de la recherche ? Parce qu’il repose sur de la récupération active plutôt que sur de la révision passive. C’est l’un des résultats les mieux établis de la psychologie cognitive : après deux jours ou une semaine, les personnes qui se sont testées retiennent nettement plus que celles qui ont relu le même nombre de fois — alors même que la relecture donne une plus grande impression de maîtrise (Roediger & Karpicke, Psychological Science, 2006). Ce qui donne le sentiment d’apprendre n’est pas ce qui fait apprendre. Un atelier mémoire doit faire chercher, pas faire réviser.
Vous voulez Puissance Mémoire pour votre structure ?
Nous l’envoyons gratuitement aux animateurs, aidants et responsables d’établissement qui en font la demande, avec le mode d’emploi d’animation.
Demander le jeu par le formulaire de contact
Indiquez votre structure et votre ville : nous adaptons l’envoi au public (résidence, club senior, domicile, CCAS).
Nos fiches « d’atelier mémoire » pour les personnes âgées
Voici le contenu du cahier gratuit. Chaque exercice indique la mémoire visée, la durée et le matériel — trois informations que les fiches gratuites classiques omettent presque toujours, alors qu’elles sont ce dont un animateur a besoin pour construire son heure.
| # | Exercice | Mémoire ciblée | Durée | Matériel |
|---|---|---|---|---|
| 1 | La liste de courses (15 mots, rappel immédiat) | Épisodique | 8 min | Fiche + crayon |
| 2 | La même liste, rappel différé 20 minutes plus tard | Épisodique (consolidation) | 5 min | Rien |
| 3 | Empan de chiffres à l’endroit | Mémoire à court terme | 6 min | Fiche animateur |
| 4 | Empan de chiffres à l’envers | Mémoire de travail | 6 min | Fiche animateur |
| 5 | Les prénoms du cercle (visages-prénoms) | Épisodique associative | 12 min | Étiquettes |
| 6 | Le plateau de dix objets (rappel + ordre) | Visuelle + sérielle | 10 min | 10 objets, un tissu |
| 7 | Fluence verbale catégorielle (2 minutes, une catégorie) | Sémantique | 5 min | Chronomètre |
| 8 | Le trajet mental (méthode des lieux, 5 emplacements) | Épisodique + spatiale | 15 min | Fiche |
| 9 | Le récit en chaîne (histoire à dix objets) | Épisodique + imagerie | 12 min | Liste |
| 10 | La consigne différée (« quand j’annonce la pause, levez la main ») | Prospective | Fil rouge | Rien |
| 11 | La double tâche (compter à rebours en marchant) | Administrateur central | 8 min | Espace dégagé |
| 12 | Le quiz des années (dater des événements) | Sémantique + autobiographique | 10 min | Fiche + corrigé |
Trois de ces exercices méritent un mot d’explication, parce qu’ils sont mal connus et redoutablement efficaces.
De plus, vous pourrez également avoir un site démo pour vous entraîner !
Le rappel différé (exercice 2) : l’exercice le plus négligé de tous
Tout le monde fait rappeler une liste juste après l’avoir lue. Presque personne ne la refait rappeler vingt minutes plus tard, alors que c’est exactement ce que mesurent les tests cliniques, et exactement ce qui compte dans la vie. Glissez cet exercice au milieu d’une autre activité, sans prévenir. Le groupe découvrira qu’il en a retenu beaucoup plus qu’il ne croyait — et c’est souvent le moment le plus fort de la séance.
L’empan endroit puis envers (exercices 3 et 4)
Faites-les l’un après l’autre et faites remarquer la différence. C’est la démonstration vivante du point développé plus haut : le stockage tient, la manipulation fatigue. Les participants comprennent immédiatement pourquoi suivre une conversation à six est devenu plus coûteux que retenir un numéro de téléphone.
La double tâche (exercice 11)
Compter de 100 en arrière de 7 en 7 tout en marchant, ou nommer des fruits en tapant un rythme. C’est l’exercice qui sollicite le plus directement l’administrateur central. Il demande une vigilance particulière sur l’équilibre : à faire assis pour les personnes à risque de chute, avec une variante « rythme frappé sur la table ».
Trois séances ludiques minutées, prêtes à animer
Les listes d’exercices ne manquent pas. Ce qui manque, ce sont des séances construites : une progression, une alternance d’effort et de détente, et un fil rouge. Voici trois séances de 45 minutes, un format qui correspond à ce qu’on observe dans les essais cliniques de stimulation cognitive et qui reste tenable pour un groupe de six à dix personnes.
Séance 1 — « Les prénoms » (45 min)
- 0-5 min — Accueil. Tour de table, chacun dit son prénom et un mot qui commence par la même lettre. Personne n’est évalué.
- 5-10 min — Échauffement. Fluence verbale : deux minutes pour citer un maximum de fleurs. On compte, on ne commente pas.
- 10-15 min — Encodage. Liste de 15 mots lue deux fois, rappel immédiat par écrit. Consigne différée glissée ici : « quand je dirai le mot pause, levez la main ».
- 15-30 min — Cœur de séance. Puissance Mémoire, version visages-prénoms. Paliers croissants, chacun s’arrête où il s’arrête.
- 30-38 min — Récupération active. Rappel différé de la liste des 15 mots, sans prévenir. Puis comparaison avec le rappel immédiat.
- 38-45 min — Clôture. « Qu’est-ce qu’on a fait aujourd’hui ? » — on fait récupérer la séance plutôt que de la résumer. Annonce du thème suivant.
Séance 2 — « Le trajet » (45 min)
- 0-5 min — Accueil et rappel de la séance précédente. Que reste-t-il de la liste de la semaine dernière ? (C’est un vrai exercice, pas une politesse.)
- 5-12 min — Échauffement. Le plateau de dix objets : on observe trente secondes, on cache, on écrit.
- 12-28 min — Cœur de séance. La méthode des lieux. Chacun choisit un trajet familier (l’entrée, le couloir, le salon, la cuisine, la fenêtre) et y place cinq mots à retenir. On parcourt mentalement, on restitue à l’endroit puis à l’envers.
- 28-36 min — Mémoire de travail. Empan de chiffres endroit puis envers, en binômes, chacun son tour animateur.
- 36-45 min — Clôture. Restitution du trajet, à distance de l’apprentissage. Conseil d’application à la maison : placer la liste de courses sur le trajet.
Séance 3 — « Les sons et les années » (45 min)
- 0-5 min — Accueil. Rappel des prénoms du groupe, sans étiquettes cette fois.
- 5-15 min — Mémoire auditive. Tournoi des Sons : reconnaissance d’instruments, de bruits du quotidien, d’un air connu.
- 15-25 min — Réminiscence structurée. Le quiz des années : dater des événements, puis raconter où l’on était. La parole compte autant que la bonne réponse.
- 25-35 min — Récit en chaîne. Dix objets transformés en une histoire, construite collectivement. Restitution individuelle ensuite.
- 35-45 min — Clôture et séance de rappel. Fixer la date d’une séance de reprise : c’est le seul paramètre dont ACTIVE a montré qu’il produisait un bénéfice supplémentaire durable, jusqu’à dix ans.
Il y a d’autres séances, et d’autres jeux.
Nous construisons de nouveaux jeux chaque mois. Demandez-nous ceux qui correspondent à votre public : nous les envoyons gratuitement.
Les six règles d’animation pour organiser un atelier mémoire
Les fiches sont la partie facile. Le vrai métier commence quand le groupe est assis.
- Ne jamais mettre en échec. Un exercice trop difficile ne fait pas progresser, il fait partir. En cas de blocage, on indice : première lettre, catégorie, contexte. Un rappel indicé reste un rappel. Dans la maladie d’Alzheimer, les approches les plus prometteuses sont d’ailleurs l’apprentissage sans erreur et la récupération espacée (Grandmaison & Simard, 2003) — c’est-à-dire, précisément, des méthodes construites pour qu’on ne se trompe pas.
- Gérer les niveaux hétérogènes par le format, pas par le contenu. Une même liste, trois consignes : rappel libre pour les uns, rappel indicé pour les autres, reconnaissance pour les troisièmes. Tout le monde travaille la même chose, personne ne voit la différence de niveau.
- Neutraliser celui qui répond à la place des autres. Passez à l’écrit pour la phase de rappel, puis à l’oral pour la mise en commun. L’écrit protège le temps de réflexion des plus lents.
- Ne jamais ouvrir une séance en parlant du déclin. Dire « à votre âge, la mémoire baisse » avant un exercice dégrade la performance de l’exercice. C’est mesuré (Hess et al., 2003). Ouvrez sur ce qui est préservé : le vocabulaire, les savoir-faire, les souvenirs anciens.
- Imprimer pour de vrai. Corps 18 à 20 points, police sans empattement, noir sur blanc, pas de fond coloré, une seule consigne par page, format paysage. Une fiche en corps 11 sur fond pastel est illisible pour un tiers d’un groupe de résidence.
- Prévoir la séance de rappel. Un atelier de dix séances qui s’arrête sec vaut moins qu’un atelier de dix séances suivi de deux reprises à distance. C’est le résultat le plus solide d’ACTIVE sur la durabilité.
Les jeux Memorall pour booster les fonctions cognitives et les capacités cognitives
Nos exercices papier ne vivent pas seuls. Nous concevons une série de jeux numériques qui fonctionnent sans connexion internet — un fichier qui s’ouvre sur un ordinateur, une tablette ou un vidéoprojecteur, ce qui règle le problème du wifi capricieux en établissement.
- Puissance Mémoire — mémoire à court terme et mémoire de travail, par paliers croissants. Versions visages-prénoms, mots, chiffres, images.
- Le Grand Tournoi de la Mémoire — cinq épreuves d’images : Vu ou pas vu ?, Les 4 Différences, Dans l’Ordre !, L’Œil de Lynx, Les Images Cachées. Mémoire visuelle et mémoire sérielle.
- Le Grand Tournoi des Sons — cinq épreuves d’oreille : reconnaître un instrument, un bruit du quotidien, une voix célèbre, retrouver les mots effacés d’un texte lu à voix haute. Mémoire auditive et attention.
- Le Grand Tournoi des Lettres — lettres en vrac, intrus, lettre disparue, orthographe. Deux modes : compétition par équipes ou atelier individuel.
- Le Tournoi des Techniques de Mémoire — celui-ci ne teste pas la mémoire, il apprend à s’en servir : Le Palais Mental, La Table de Rappel, Le Conte des Dix Objets, Le Prénom aux 20 liens, Le Jeu des Années.
- Les Jeux d’Orthographe — huit jeux, quatre niveaux, plus de 2 500 questions, chaque réponse accompagnée de son astuce mnémotechnique.
De nouveaux jeux sortent régulièrement, et cette page est l’endroit où nous les annonçons. Mettez-la dans vos favoris, ou écrivez-nous : nous prévenons par mail les animateurs et les structures qui nous l’ont demandé. Les dernières sorties sont toujours listées sur le blog Memorall.
Où trouver d’autres exercices gratuits — et comment financer un atelier mémoire
Au-delà de nos ressources, plusieurs sources sérieuses existent : les caisses de retraite et les CARSAT diffusent des programmes de prévention, les CCAS et les CLIC orientent vers les ateliers existants près de chez vous, et les Conférences des financeurs de la prévention de la perte d’autonomie, présentes dans chaque département, financent des actions collectives de ce type. Les résidences autonomie disposent en outre du forfait autonomie, directement mobilisable pour des ateliers de stimulation cognitive.
Deux points de vigilance. D’abord, un atelier mémoire n’est pas un soin : le cahier des charges français des Pôles d’Activités et de Soins Adaptés parle de « maintien ou réhabilitation des fonctions cognitives restantes », et cette formulation dit bien ce qu’elle dit. Ensuite, aucun atelier ne remplace un bilan : une plainte mnésique qui s’aggrave, qui inquiète l’entourage ou qui gêne les actes du quotidien relève du médecin traitant et, le cas échéant, d’une consultation mémoire.
Foire aux questions sur les ateliers mémoire
Où trouver des exercices simples d’atelier mémoire gratuits en PDF ?
Memorall met à disposition gratuitement un cahier de 12 exercices d’atelier mémoire en PDF, avec les corrigés, la durée et la mémoire ciblée par chaque exercice. Il suffit d’en faire la demande via le formulaire de contact. D’autres ressources gratuites existent auprès des CCAS, des CARSAT et des caisses de retraite.
Existe t-il des ateliers mémoire en ligne ?
Vous pouvez nous le demander via notre formulaire de contact et nous pourrons vous proposer cela. Mais vous pouvez également aller voir du côté d’Happyvisio qui organise des conférences et aussi du côté de l’association INNODOM
Combien de temps doit durer une séance d’atelier mémoire ?
Il n’existe pas de norme officielle. Les essais cliniques d’entraînements cognitifs utilisent le plus souvent des séances d’environ 45 minutes, une à deux fois par semaine, en petit groupe. L’essai ACTIVE, le plus vaste du domaine, reposait sur dix séances d’une heure réparties sur cinq à six semaines, en groupes de trois ou quatre personnes.
Combien de participants au maximum dans un atelier mémoire ?
Six à dix personnes est un format confortable pour un animateur seul : au-delà, les temps de parole individuels deviennent trop courts et les exercices de rappel oral ne tiennent plus. Les essais cliniques travaillent souvent avec des groupes encore plus petits, de trois à quatre.
Les jeux et ateliers mémoire guérissent-ils la maladie d’Alzheimer ?
Non, et il faut le dire clairement. La revue Cochrane consacrée à l’entraînement cognitif informatisé chez les personnes ayant un trouble cognitif léger conclut que les données sont insuffisantes pour en tirer la moindre implication clinique (Gates et al., 2019). Ce qui est établi, c’est un bénéfice sur la cognition globale, sur la qualité de vie et surtout sur la communication et le lien social (Woods et al., Cochrane 2023).
Quelle différence entre mémoire à court terme et mémoire de travail ?
La mémoire à court terme se contente de maintenir une information quelques secondes ; la mémoire de travail la maintient et la manipule. Répéter 7-2-9-4 relève de la première ; le répéter à l’envers relève de la seconde. C’est précisément la manipulation qui est la plus sensible au vieillissement (Bopp & Verhaeghen, 2005).
Faut-il un diplôme pour animer un atelier mémoire ?
Aucun diplôme n’est légalement exigé pour animer un atelier senior à visée de prévention en club senior, en CCAS ou en association. En revanche, dès qu’on s’adresse à des personnes présentant des troubles cognitifs avérés, l’encadrement par un professionnel formé — psychologue, neuropsychologue, orthophoniste, ergothérapeute, psychomotricien — devient indispensable, et c’est d’ailleurs la règle dans les dispositifs encadrés comme les PASA.
Après un BAFA peut être pertinent afin d’avoir affaire à une personne avec de vraies compétences d’animation.
Que faire si un participant se met en échec ?
On indice immédiatement : première lettre, catégorie, contexte. Un rappel indicé reste un rappel réussi. Et on évite absolument de commenter l’échec devant le groupe. Les approches d’apprentissage sans erreur ont précisément été développées pour cela.
Au bout de combien de séances voit-on les bienfaits ?
L’étude française menée avec des jeux auprès de personnes de plus de 60 ans observait des gains sur l’empan, l’inhibition et l’estime de soi après huit séances d’une heure, à raison d’une par semaine (Grimaud et al., Psychologie Française). Attention : ces gains portent sur les capacités entraînées, pas sur la mémoire en général.
Peut-on faire un atelier mémoire seul, à la maison ?
Oui pour les exercices, non pour l’essentiel. Les exercices de notre cahier se pratiquent très bien en solo ou à deux avec un aidant. Mais le bénéfice le mieux démontré des ateliers — celui sur la communication et l’interaction sociale — suppose un groupe. L’idéal est de combiner : entraînement personnel dans la semaine, atelier collectif pour le reste.
Quels jeux de mémoire pour des seniors en résidence sans connexion internet ?
Les jeux Memorall sont conçus pour fonctionner hors ligne : un fichier unique qui s’ouvre sur un ordinateur, une tablette ou un vidéoprojecteur, sans installation ni compte à créer. Demandez-les via le formulaire de contact en précisant votre public.
Pour conclure
Un bon atelier mémoire n’est pas une collection de fiches. C’est une séance construite, qui alterne ce qui rassure et ce qui challenge, qui fait chercher plutôt que réviser, qui cible des systèmes de mémoire identifiés, et qui tient une promesse honnête : vous allez progresser sur ce que nous entraînons, et vous allez le faire avec les autres.
Les exercices d’atelier mémoire gratuits en PDF de Memorall sont notre façon de mettre ce matériel entre les mains de ceux qui animent. Ils sont gratuits, ils sont testés en résidence, et ils évoluent avec les retours que nous recevons. Si vous en voulez davantage — d’autres exercices, d’autres niveaux, les jeux numériques, ou un accompagnement pour construire votre cycle de séances —, écrivez-nous simplement par le formulaire de contact.
Recevez le cahier d’exercices et les jeux
12 exercices en PDF, les trois séances minutées, et l’accès aux jeux Memorall pour votre structure.
Gratuit, sans engagement. Nous répondons sous 48 heures.
À lire aussi sur le blog Memorall
- Mémoire de travail : pourquoi elle décline avec l’âge et comment la stimuler efficacement
- Un jeu de mémoire pour seniors gratuit : essayez le jeu de Memorall
- Jeu de mémoire sur Google : les meilleurs sites pour entraîner son cerveau
- Les hypermnésiques : don ou malédiction ?
- Nos ateliers mémoire seniors en EHPAD, résidence et club senior
Sources scientifiques
- Ball K. et al. (2002). Effects of cognitive training interventions with older adults: a randomized controlled trial. JAMA, 288(18), 2271-2281.
- Rebok G. W. et al. (2014). Ten-year effects of the ACTIVE cognitive training trial. Journal of the American Geriatrics Society, 62(1), 16-24.
- Woods B., Rai H. K., Elliott E., Aguirre E., Orrell M., Spector A. (2023). Cognitive stimulation to improve cognitive functioning in people with dementia. Cochrane Database of Systematic Reviews, CD005562.
- Gates N. J. et al. (2019). Computerised cognitive training for preventing dementia in people with mild cognitive impairment. Cochrane Database of Systematic Reviews, CD012279.
- Simons D. J. et al. (2016). Do « Brain-Training » Programs Work? Psychological Science in the Public Interest, 17(3), 103-186.
- Melby-Lervåg M., Redick T. S., Hulme C. (2016). Working memory training does not improve performance on measures of intelligence or other measures of far transfer. Perspectives on Psychological Science, 11(4), 512-534.
- Baddeley A. D., Hitch G. (1974). Working memory. Recent Advances in Learning and Motivation, 8, 47-89. — Baddeley A. D. (2000). The episodic buffer. Trends in Cognitive Sciences, 4(11), 417-423.
- Bopp K. L., Verhaeghen P. (2005). Aging and verbal memory span: a meta-analysis. The Journals of Gerontology: Series B, 60(5), P223-P233.
- Cowan N. (2001). The magical number 4 in short-term memory. Behavioral and Brain Sciences, 24(1), 87-114. — Miller G. A. (1956). Psychological Review, 63(2), 81-97.
- Tulving E. (1985). How many memory systems are there? American Psychologist, 40(4), 385-398.
- Roediger H. L., Karpicke J. D. (2006). Test-enhanced learning. Psychological Science, 17(3), 249-255.
- Hess T. M., Auman C., Colcombe S. J., Rahhal T. A. (2003). The impact of stereotype threat on age differences in memory performance. The Journals of Gerontology: Series B, 58(1), P3-P11.
- Grandmaison E., Simard M. (2003). A critical review of memory stimulation programs in Alzheimer’s disease. The Journal of Neuropsychiatry and Clinical Neurosciences, 15(2), 130-144.
- Dubois L. (2013). L’atelier-mémoire en gérontologie : une médiation groupale. Le Journal des psychologues, n°305, 47.
- Livingston G. et al. (2024). Dementia prevention, intervention, and care: 2024 report of the Lancet standing Commission. The Lancet.


